Réglementation

Mes vieux volets peuvent-ils contenir du plomb ?

Si votre maison a été construite avant 1949, la réponse est oui, c'est possible. La céruse, un pigment blanc au plomb, a été employée dans les peintures jusqu'au décret du 30 décembre 1948 qui en a interdit l'emploi. Sur des volets ou des boiseries d'époque, il reste souvent 1 ou 2 couches anciennes sous les repeints successifs. Cela ne veut pas dire qu'il faut renoncer aux travaux, mais que la question se pose avant de commencer, pas quand la poussière vole déjà.

Comment sait-on si une peinture contient du plomb ?

Par un repérage au plomb, réalisé par un diagnostiqueur certifié avec un appareil à fluorescence X. L'appareil lit la composition à travers les couches sans entamer la surface, et le résultat se compare à un seuil réglementaire de 1 mg/cm². C'est un métier à part, avec son agrément et son matériel. Le nôtre est de savoir quand la question se pose, et de vous le dire avant de toucher au premier volet.

Dans quels cas ce repérage est-il obligatoire ?

Le constat de risque d'exposition au plomb, le CREP, concerne les logements construits avant le 1er janvier 1949. Il est exigé lors d'une vente ou d'une mise en location, et la question se pose à nouveau avant des travaux qui touchent des surfaces peintes. C'est la première chose que nous regardons quand on nous appelle pour des volets anciens.

1949 est-elle une limite fiable ?

Pas tout à fait, et c'est un point peu connu. Le décret de 1948 visait l'emploi de la céruse par les professionnels du bâtiment. La vente aux particuliers, elle, n'a été interdite qu'en 1993. Entre les deux, un propriétaire a pu acheter et appliquer lui-même une peinture plombifère sur ses volets. Une maison des années 1960 repeinte par son occupant n'est donc pas une garantie absolue.

L’aérogommage réduit-il le risque ?

Non, et il faut le dire clairement. L'aérogommage est plus doux pour le support que le sablage, mais du point de vue du plomb il fait la même chose : il détache la peinture et la met en suspension. Le ponçage, le brûlage et le décapage chimique posent le même problème. Ce n'est pas la technique qui protège, c'est le confinement, l'aspiration et les protections respiratoires.

Pourquoi cette poussière est-elle dangereuse ?

Parce qu'elle s'avale plus qu'elle ne se respire. Les particules se déposent sur les sols, les rebords, les jouets, les mains, et c'est par là qu'elles passent. Les jeunes enfants et les femmes enceintes sont les plus exposés. Un chantier de décapage mal protégé peut contaminer une pièce durablement, bien après le départ de l'artisan.

Que faisons-nous quand le doute existe ?

Nous ne décapons pas à l'aveugle. Sur une maison d'avant 1949, nous vous disons d'emblée que la question se pose, et nous vous orientons vers un diagnostiqueur avant de chiffrer quoi que ce soit. Si le plomb est confirmé, le chantier demande une entreprise agréée pour ce risque précis, avec son confinement et ses protections. Vous prévenir à temps fait partie du travail.

Sur un bâti postérieur, en revanche, nous décapons volontiers volets, poutres et ferronneries. La différence entre les deux procédés est détaillée dans ce guide, et le détail de la prestation est sur la page aérogommage. Nous facturons 55 €/h TTC au temps réellement passé, et la visite ne coûte rien.

Un décapage appelle presque toujours une remise en peinture derrière. Sur des boiseries intérieures, la question du produit se pose alors autrement, et l'étiquette sanitaire du pot n'en dit pas autant qu'on le croit : c'est le sujet de ce guide.

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